Chapitre 2

II: Redécouverte

 

 

Un mois passa avant que Robert ne puisse sortir de l'hôpital. La lame ne s'était pas enfoncée profondément dans la chair, mais il avait eu de la chance d'en sortir vivant. Il était en forme, et rien ne laissait présager qu'on avait tenté de l'assassiner.

 

Physiquement.

 

Mentalement, on ne pouvait pas dire pareil. Bien que ce n'était pas des séquelles très graves. Il n'est pas fou, il réfléchi correctement, et est très intelligent. C'est autre chose...

 

 

"Mais comment vous appelez-vous?! Se tuait l'inspecteur Vloy à demander à Robert.

-Mais je n'en sais rien! Je me tue à vous le dire, je ne sais même pas qui je suis... Tout ce que je sais, c'est que je suis resté dix ans dans le coma, d'après l'infirmière...

-Mon œil !! Vous êtes victimes dans un métro d'un attentat qui tue tout le monde sauf vous, vous restez dix ans dans le coma, ensuite, vous êtes victimes d'un deuxième attentat, qui échoue lui aussi, et vous prétendez ne rien savoir!!! Répliqua L'inspecteur Vloy.

-A mon avis inspecteur, il est amnésique. C'est sûrement un choc mental, un traumatisme. Il vaut mieux le laisser se reposer, conseilla le docteur Mailgray.

-Oui, bon. Et vous, vous pouvez m'aider en me donnant quelques informations telles que ses ennemis, ainsi que son nom, demanda l'inspecteur.

-Mais bien sûr, dit-il d'un ton sec. Il s'appelle Robert.

-ça, je le sais, dit Vloy d'un ton sec. Je veux savoir son nom. Pas son prénom.

-Vous semblez bien avancé, pour un meurtre qui s'est passé il y a plus d'un mois. Et, pour votre information, il a été victime d'un attentat le 29 mai...

-...1979. ça aussi, je le sais. Il a été le seul survivant, poursuivi Vloy sur un ton tout aussi sec.

-Ce que vous ne savez pas, c'est que sa chambre a brûlé ainsi que celles autours de la sienne en 1982. Il y a eu six morts. Il n'en faisait pas partie. Et, votre hypothèse qu'il fait semblant d'être amnésique, est totalement impossible. Sinon, il serait déjà parti de l'hôpital avant, répliqua Mailgray

-Vous blaguez? Aucun registre ne parle d'un incendie dans l'hôpital d'Harvilya! Je l'ai consulté il y a des semaines.

-C'est normal. Le directeur avait tenu à ce que l'événement reste secret, sinon l'hôpital aurait fermé, protesta le docteur.

-Mais, c'est illégal! cria Vloy.

-Peut-être, mais c'était il y a sept ans. Et entre temps, le directeur est parti à la retraite.

-Je pourrais le poursuivre!

-Peut-être, mais pour le moment, vous n'êtes pas chargé de cette enquête. Ce qui compte, c'est de retrouver l'assassin. Et j'ai mon opinion là-dessus.

 

 

 

 

Robert se baladait dans la ville d'Harvilya. Il réfléchissait. Il réfléchissait à son ancienne vie. Enfin, sa vie qu'il avait oublié. Il se demandait aussi comment il allait s'en sortir, sans foyer, sans argent, sans famille. Il y avait une chose qu'il n'avait pas dite à la police : il n'avait pas tout oublié. Il se rappelait d'une grande maison. Il se rappelait même où était les clés. Il marcha. Il s'en souvenait maintenant. C'était au 40 rue des bouchers. Mais pas à Harvilya. A Garlit-sur-mer. Tout au sud de la France. Environ 800 km. Il n'avait pas de voiture. Et pas assez d'argent pour acheter un billet de train.

Il allait devoir travailler. Avec aucun diplôme, cela ne risquait pas d'être facile de trouver un travail. En attendant, il n'avait pas de maison. Il y avait aussi une autre manière. Pas très légal. Une manière qui lui permettrait d'être arrivé dans moins de deux jours. Si tout se passait bien. Mais ça n'allait pas être du gâteau. Il avait besoin d'une seule chose. Un cocktail monotof.

 

 

 

 

 

C'était un mardi. Robert était entré dans la banque, masqué d'un foulard. Il avait ouvert la bouche pour parler :

"Que personne ne bouge!!! Ceci est un hold-hulp!!! Je ne veux que soixante euros!!! Pas plus. Si chacun me donne cinq euros, cela suffira. Allez, vite!!! J'ai un cocktail monotoff, donc pas de gestes brusques!!! Et toi, dit-il en pointant le banquier, ne touche pas à l'alarme. Sinon... Je ne suis pas un tueur, je veux juste soixante euros.

-Tenez monsieur, dit une vieille dame en lui tendant un billet de deux cent euros, j'ai toujours rêvé de rencontrer un bandit, et vous venez d'exaucer mon désir."

 

Robert détacha son foulard et releva la tête.

 

"Merci madame, mais je ne suis pas un bandit.  Juste quelqu'un qui a besoin d'argent. Et vous, le banquier, pas besoin de sonner l'alarme. Ce n'est pas un cocktail monotoff. Juste une bouteille de coca, pour vous impressionner.

Ce n'est pas interdit d'aller à la banque avec une bouteille de coca, à ce que je sache?" Et sur ces mots, Robert prit la bouteille de coca et la but. Il quitta la banque, suivi de quelques personnes.

 

 

Il se dirigea vers la gare, son billet de 200€ en poche. Il prit un aller simple en TGV vers Garlit-sur-mer. Pendant le trajet, il dormit quelques heures. Il alla manger au wagon-restaurant.

Ce qui l'étonna le plus, c'est qu'il y avait même un wagon-librairie. Il y entra et acheta un journal. Il été en première page.

 

Dessus, on pouvait lire :"Un fou cambriole une banque, mais n'en ressort qu'avec un billet de deux cents euros, qu'une vieille dame lui a donné pour sauver sa vie..."

 

fLes journaux racontent vraiment n'importe quoi.

 

Ou sinon, ils transforment les faits pour les rendre plus passionnants. A moins que ce soit la vieille dame qui est raconté ça aux journalistes. Il ne savait pas.

Et il ne le serait jamais. Il n'y avait, à part qu'il avait cambriolé une banque, que des problèmes.

Primo, il était amnésique et ne savait rien de son passé.

Deuzio, il était poursuivi par la police.

Et tertio, il venait d'être repéré par quelqu'un. Un homme. Le contrôleur pour être précis. L'homme avança lentement vers lui, et dit à Robert:

"Et, vous! Je vous arrête..." Avant même qu'il ne put finir sa phrase, Robert n'était plus là. Il était passé au dessus du contrôleur, en effectuant un prodigieux saut. Personne ne savait sauter aussi haut. A part lui.

 

Il traversa le wagon et ouvrit une porte de sortie de secours. Le train filait à plus de cent-vingt kilomètre à l'heure, et en sautant, il n'avait qu'une infime chance d'en ressortir vivant.

 

Il sauta quand même.

 

Quand il se réveilla, il n'était plus là. Il était chez lui. Seulement son esprit. Son corps, lui demeurait dans ce monde. Dans le Premier Monde.

Son esprit, lui était dans le deuxième monde. Chez lui.

Dernière mise à jour de cette page le 11/10/2008

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